Article par Stéphanie Teillais

__Mouvements sur la ville suit le corps de près__

Avec une quarantaine de rendez-vous, la 3e édition de Mouvements sur la ville, qui s’est déroulée à Montpellier, du 22 juin au 5 juillet, a su jouer habilement d’une double intention : inviter un public non connaisseur à venir voir la danse contemporaine là où elle se travaille, dans l’atelier, en toute simplicité, tout en accueillant un public connaisseur, voire professionnel, en surfant sur l’aura de Montpellier Danse.

Dix-sept compagnies de danse venues d’ici et d’ailleurs (Corée, Afrique du Sud, États-Unis...) ont ainsi montré leur travail, au plus près du public : c’est même le chorégraphe “patron” de l’atelier (Hélène Cathala, Yann Lheureux, Didier Théron) qui accueille le spectateur et prend la parole pour lui souhaiter la bienvenue, présenter son travail ou celui de ses invités (Corée, Australie, Afrique du Sud, Tunisie).

Montpellier Mouvements sur la ville suit le corps de près STÉPHANIE TEILLAIS 08/07/2011, 06 h 00 Réagir Nina Santes dans “La jeune fille que la rivière n’a pas gardée”. Nina Santes dans “La jeune fille que la rivière n’a pas gardée”. (DR)

Avec une quarantaine de rendez-vous, la 3e édition de Mouvements sur la ville, qui s’est déroulée à Montpellier, du 22 juin au 5 juillet, a su jouer habilement d’une double intention : inviter un public non connaisseur à venir voir la danse contemporaine là où elle se travaille, dans l’atelier, en toute simplicité, tout en accueillant un public connaisseur, voire professionnel, en surfant sur l’aura de Montpellier Danse.

Dix-sept compagnies de danse venues d’ici et d’ailleurs (Corée, Afrique du Sud, États-Unis...) ont ainsi montré leur travail, au plus près du public : c’est même le chorégraphe “patron” de l’atelier (Hélène Cathala, Yann Lheureux, Didier Théron) qui accueille le spectateur et prend la parole pour lui souhaiter la bienvenue, présenter son travail ou celui de ses invités (Corée, Australie, Afrique du Sud, Tunisie).

Dans La jeune fille que la rivière n’a pas gardée (référence à l’Ophélie de Heiner Muller), Hélène Cathala révèle une jeune danseuse au geste précis et juste, Nina Santes, capable de maîtriser ou dérouler son énergie dans des mouvements d’une belle poésie appuyés sur un travail musical et vidéo précis. Si le propos reste malheureusement trop diffus, l’ensemble est riche d’une belle singularité.

Chez Yann Lheureux, plus que le mouvement, c’est le geste et l’énergie qui priment dans Instinct, pièce pour six danseurs qui est encore une maquette, généreuse, d’un projet à venir. Parmi les danseurs que l’on remarque, l’Américain Clint Lutes donne le lendemain un duo de joggeurs drôle et tendre avec Tommy Noonan, avec Brother et Brother.

Entre mime et danse, ils osent beaucoup, font le cri de la mouette, invitent une spectatrice à bercer un plateau empli de graines pour faire entendre le bruit de la mer. Un travail de duettistes, plus qu’un pas de deux, très maîtrisé.

Autant les deux Américains s’amusent, autant le Coréen Kim Namjin livre un duo sur l’impact et la tension dont la colère non digérée finit par désamorcer l’intérêt. Malgré sa belle personnalité, la Sud-Africaine Desire Davids ne parvient pas à révéler un être singulier à l’issue d’un effeuillage de plastique plombé par la technique et un décor trop lourd. Dommage ! Point trop de décor pour la chorégraphe Rita Cioffi avec la saxophoniste Maguelone Vidal, qui explorent ensemble l’enfance des deux gamines qu’elles furent : heures de barre, heures de gammes... la répétition n’entame pas le souffle et l’envie de jeu et de liberté. Le message passe, et il est salutaire.